Le site de Port-Royal

Les jardins

Il y a bien des façons d’aborder ce lieu chargé d’histoire (religieuse, politique, intellectuelle…).

Les Amis du dehors aiment y entrer « par la porte du jardin »

Le vallon.

Le vallon du Rhodon voit au début du 13e siècle la création d’une abbaye cistercienne de femmes, d’abord dépendante de l’abbaye des Vaux de Cernay, puis autonome.

Comme dans toute abbaye, pour assurer la subsistance et les soins des moniales, on trouve les trois espaces de culture : jardin potager, jardin médicinal, verger, à l’intérieur même de la clôture, selon des techniques de draînage des sols et d’utilisation de l’eau dont l’ordre cistercien s’est fait une spécialité.
La règle de vie monastique, aussi bien que les besoins matériels, impose le travail de la terre dans ces jardins d’utilité, à portée pratique autant que symbolique.

Au 17ème siècle, quand l’abbaye de Port-Royal des Champs atteint son plein développement, les jardins sont aussi dans leur pleine expansion. De plus, comme des hôtes de marque s’installent auprès du monastère, on voit même, d’après les très précieuses gravures de Madeleine Hortemels, l’existence de jardins aristocratiques d’agrément.

En 1710, par ordre de Louis XIV, tout le site est anéanti, église, bâtiments conventuels, cimetière et jardins

Le plateau

Le plateau, dominant au nord le vallon du Rhodon, voit rapidement la création d’une ferme de rapport pour l’abbaye. Bois, pâtures, terres céréalières sont sources de revenus et la ferme des Granges, comme bien d’autres propriétés terriennes font la richesse de l’abbaye.

Au 17ème siècle, au moment du plus grand rayonnement de Port-Royal, le plateau est surtout le lieu où s’installent ces Messieurs, les Solitaires, qui étudient, enseignent et cultivent : leurs demeures modestes, leurs « Petites Ecoles » s’édifient sur ce plateau. Surtout, le plus célèbre d’entre eux Arnauld dAndilly y crée un verger exemplaire, dont les fruits sont appréciés d’Anne d’Autriche, et que La Quintinie lui-même admire. C’est ici que Racine étudie, ici que Pascal fait quelques brefs séjours.

En 1710, demeures et Ecoles sont abandonnés mais l’exploitation agricole continue au profit de Port-Royal de Paris.

Le site actuel :

Entre le 18e et le 20e siècle, le vallon et ses ruines, le plateau et sa Grange connaissent des sorts séparés :

La ferme est exploitée jusqu’en 1984 ; le verger subsiste en partie au moins jusqu’en 1809 lors de la visite de l’abbé Grégoire ; les Petites Ecoles sont augmentées, à la fin du 19e siècle, par une vaste demeure dont la structure en béton armé, l’une des première réalisation en France, est habillée de style Louis XIII, tournée vers le vallon, entourée d’un parc d’inspiration anglaise.

L’Etat achète ce domaine en 1952.

Le site de l’abbaye ,lui, est légué à la société de Port-Royal qui y crée un musée.

Pour faciliter la visite et rétablir la cohérence de cet ensemble patrimonial, la Société de Port-Royal donne le vallon à l’Etat et le site devient le musée national de Port-Royal des Champs en 2004.

Les jardins actuels reflètent cette unification progressive : le verger est restitué en 1999 ; dans l’arrière-cour de la ferme sont créés les jardins d’évocation dont s’occupent aujourd’hui les Amis du dehors ; dans le vallon, des jardins plus récents sont gérés par des associations : l’Aprc et Athéna.

Ces informations sont largement inspirées du travail de Sylvain HILAIRE : « Jardins d’utilité de Port-Royal – Rapport d’activité pour la Fondation de France », juin 2006
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