Le site de Port-Royal : le potager

Les jardins

Dominé par la grange à blé, à l’est, il s’agit simplement d’un terrain rectangulaire de 600 mètres carrés divisé par moitié dans sa longueur par une allée et  perpendiculairement en 9 bandes rectangulaires égales, ce qui représente dix-huit planches.
Les plates-bandes sont bordées de tuiles en terre cuite. A la moitié du jardin nous avons élevé des prés-hauts, sorte de banquettes surélevées de 60 centimètres, dans l’esprit de ce qui se faisait au moyen-âge.
A la façon de ce que l’on voit sur les gravures de Magdeleine Hortemels, le jardin est bordé de pruniers sur deux côtés, les deux autres côtés étant clos de murs.
A l’entrée du jardin potager des arcs de cercle délimités par des plessis de châtaigner sont plantés de plantes aromatiques, et pour l’un d’entre eux, de plantes tinctoriales placées ici dans un souci pédagogique.

Historique :

En tant que monastère cistercien, le site de l’abbaye féminine de Port-Royal, installé dans son vallon, abritait dès le moyen-âge un jardin potager, jardin vivrier d’utilité. On sait assez peu de choses précises sur ce potager, et les gravures de Magdeleine Hortemels sont, avec quelques indices dans les récits des religieuses du XVIIe siècle, les seules maigres sources que nous possédons pour le moment.

En 1998, avant la réunification du site de Port-Royal, le Comité de sauvegarde de la haute vallée de Chevreuse a décidé de créer sur le plateau des Granges un potager de manière écologique. Cet emplacement était en friche depuis 1984, et donc très propice à la culture des légumes. Légumes, de Legumina, dont la racine est lego « je cueille » et qui rend hommage aux cueilleurs des temps très anciens ! Dès l’année suivante, une personne privée seule, Janine Féland a assumé ce potager, soutenue par le mécénat aussi discret que généreux de Paul Résillot, qui jusqu’en 2010 a financé largement les jardins d’évocation.

Rapidement, il a été décidé d’évoquer les jardins de l’abbaye. Pour ce faire, les documents utilisés ont été les plans de l’abbaye de Saint Gall http://www.encyclopedie-universelle.com/abbaye-jardins-potager.html, le De villis de Charlemagne et le Théâtre d’agriculture d’Olivier de Serres (1600). Ce potager recréé veut évoquer un potager du XVII ème siècle pour être en harmonie avec l’esprit des lieux.

Nos méthodes de culture:

Nous utilisons des engrais naturels-les racines de haricots ont des petits nodules emplis de nitrate naturel que nous laissons sur place-des composts « maison », des purins de plantes médicinales  (ortie, consoude, prêle….). Nous essayons de parfaire nos cultures en utilisant la technique des cultures associées-les plantes se protègent l’une l’autre, le haricot nourrit la fraise et réciproquement.   A l’heure où l’alimentation industrielle suscite de nombreuses questions, jardiner avec la lune sans engrais ni pesticides propose une alternative pour produire, récolter et manger des légumes et des fruits sains et savoureux sans polluer et en préservant cette nature précieuse qui nous entoure : nous respectons donc les influences de la lune -semer en lune montante, planter en lune descendante.

Pour travailler les six cents mètres carrés du potager, nous utilisons une nouvelle technique. Tout d’abord, nous ne retournons pas trop la terre pour ne pas bousculer le cycle des bactéries aérobies et anaérobies, nous l’effritons avec une grelinette, bien sûr inconnue au XVIIe siècle. Le désherbage se fait à la main. Afin d’empêcher les mauvaises herbes de se développer, nous broyons les branches des arbres abattus et répandons le broyat sur une bonne épaisseur de 10 à 15 centimètres. Le broyat permet aussi de limiter les arrosages et de favoriser la formation de bactéries bénéfiques.

En plus de son rôle nourricier, ce jardin potager a un rôle d’évocation de l’histoire de l’abbaye, un rôle pédagogique, thérapeutique, de rencontre, et un rôle philosophique puisqu’il permet de retrouver le sens du temps. Il accueille les visiteurs du musée, le public scolaire, les patients de l’institut Marcel Rivière de La Verrière, des artistes. Bref, tous ceux qui sont prêts à s’émerveiller de ce spectacle toujours renouvelé.

Depuis janvier 2014, le musée de Port-Royal des champs est membre de l’association « Potagers de France », un réseau de jardins potagers et fruitiers d’exception.

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